Bordeaux [Re] Centres

Maîtrise d’ouvrage : Mairie de Bordeaux (Direction Générale de l’Aménagement).

Intitulé de l’étude : Etude archéogéographique du centre ville de Bordeaux (périmètre Bordeaux [Re] Centres) ; Analyse de la morphologie urbaine et cartographie des héritages.

Date de rendu : mai 2013.

Contexte et objectifs de l’étude :
En dépit des embellissements et transformations urbaines qu’a connus Bordeaux entre 1996 et 2008, certains quartiers du centre ville restent fortement dégradés. La municipalité a donc décidé d’intervenir en procédant, dans le cadre du Programme National de Requalification des Quartiers Anciens Dégradés (PNRQAD), à une requalification d’ensemble des espaces publics, de la voirie et de l’habitat au travers d’un projet urbain global de renouvellement de centre ancien nommé Bordeaux [Re] Centres. Pour fonder ce projet urbain, la première étape du travail a consisté à travailler, sur la base d’une approche anthropologique de l’espace, sur les perceptions et représentations d’un panel d’habitants et d’usagers de la ville interrogés sur la notion d’héritage (« qu’hérite-t-on d’une ville ? »). Ces représentations, traduites sous forme de cartes, ont permis à l’équipe d’urbanistes, missionnée par la Ville, de proposer un plan guide qui, intégrant les héritages, en réinterroge les formes et les fonctions avec pour objectif de leur redonner une dynamique afin de reconstruire la ville sur la ville.
Parmi les nombreuses informations qu’elles ont livrées, les cartes produites par les anthropologues ont révélé, dans et au-delà du périmètre de la ville historique, des interstices, des espaces qualifiés par les habitants de "vides", "froids" ou "incertains" qui ont immédiatement posé question. C'est le cas du quartier Saint-Eloi qui apparaît comme enclavé sur plusieurs des cartes mentales produites par les habitants. Cette perception du quartier traduit-elle des changements actuels d’appropriation de l’espace urbain ou procède-t-elle de logiques héritées, de dynamiques contrariées, sous-jacentes à l'histoire de la fabrique urbaine et encore actives aujourd'hui ? C’est pour répondre à cette question que la Direction Générale de l’Aménagement a souhaité disposer d’une étude archéogéographique qui, partant de l’expression en plan des réalités urbaines locales, ouvre sur une meilleure compréhension de la mémoire du tissu urbain et des héritages planimétriques. Cette étude a été publiée dans les actes d'un colloque consacré à l'archéologie pour la ville.